L’IRCAM représente la plus grande supercherie du vingt et unième siècle
L’association "Identité amazighe" a rendu public le 4 octobre 2008 un document
qui apporte du nouveau dans le paysage politique amazigh. Intitulé "Pour un Etat
qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc", le document déplace, pour
la première fois dans l’histoire du mouvement amazigh contemporain, la question
de l’identité au niveau de la notion de l’Etat et du pouvoir politique en
prônant une "réamazighation" de l’Etat.
Nous avons entretenu, à ce sujet, à Selouan au Nord de Tamazgha occidentale,
Moha Boudhan, l’un des membres de cette association et directeur du mensuel
amazigh Tawiza.
Entretien.
Où en est le combat
amazigh à Tamazgha occidentale ?
M. Boudhan : On peut dire, sans crainte d’erreur, qu’avec la
création de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe),
le 17 octobre 2001, le combat amazigh, si l’on veut continuer à l’appeler ainsi,
a été "intégré" avec succès à la nouvelle "politique berbère" inaugurée par le
dit institut, ce qui lui a fait, bien sûr, perdre beaucoup de sa combativité.
En effet, le pouvoir a magnifiquement réussi à apprivoiser le Mouvement
amazigh et à le vider de son contenu politique qui dérangeait énormément le
pouvoir arabiste du Maroc, en lui donnant, grâce à l’IRCAM, une orientation
"culturaliste" où les revendications amazighes portent sur la culture, la
langue, la poésie, les contes, la chanson, le folklore… et non sur le pouvoir
politique, qui continue à être arabe sur une terre amazighe sans être contesté
par le Mouvement amazigh, avec pour corollaire l’exclusion politique permanente
de l’amazighité sur sa propre terre. Ce qui constitue l’essence de la nouvelle
"politique berbère" de la "nouvelle ère" au Maroc : vous, Imazighen, "faites" la
culture mais ne faites pas la politique réservée aux seuls Arabes. L’IRCAM,
représentant la nouvelle "politique berbère" du pouvoir, a réussi donc
l’apprivoisement et la "culturalisation" la de la cause amazighe, c’est-à-dire
sa dépolitisation, en agissant selon les éléments suivant : - "Décapiter" les
"têtes" du Mouvement amazigh en les nommant comme "élite royale" à l’Institut royal de la culture amazighe, avec tous les privilèges
matériels et symboliques que procure l’appartenance à une telle "élite
royale". - Le renouvellement de cette "élite royale" tous les quatre ans,
incite une grande partie de militants amazighs à être "sages" en renonçant à
toute revendication politique et on se contentant des revendications
"culturalistes" autorisées par la nouvelle "politique berbère", et ce dans le
but de ne pas "salir" le dossier du "militant" qui aspire à être recruté un jour
comme membre de l’"élite royale" amazighe. - Une grande partie des
associations amazighes agissent de la même façon et avec la même "prudence" :
paraître "sage" et "modérée" dans le but d’établir des "partenariats" juteux
avec l’IRCAM qui n’accepte comme "partenaires", parmi les associations
amazighes, que celles qui ont fait preuve de leur conformité à la nouvelle
"politique berbère" que supervise l’IRCAM. - En outre, cet IRCAM joue le rôle
de "courtier" qui marchande les militants et associations amazighs pour les
rallier à la nouvelle "politique berbère" en les soudoyant sous couvert d’argent
alloué aux "activités" culturelles amazighes et à la "recherche" et en leur
miroitant des postes de travail à l’IRCAM et des "partenariats" très
lucratifs. Tout le danger de l’IRCAM réside dans cette politique "incitative"
qui encourage, usant de l’argent, les associations et militants amazighs à
adhérer à la nouvelle "politique berbère". C’est-à-dire "militer" pour tamazight
comme le veut le pouvoir arabe et conformément à ses intérêts et non à ceux de
tamazight. C’est pourquoi cet institut (IRCAM) représente la plus grande
supercherie du vingt et unième siècle visant tamazight, après l’autre grande
supercherie du vingtième siècle qui est le mythe dit "Dahir berbère".
Malheureusement cette supercherie (Celle du 21ème siècle) n’aurait
jamais réussi sans la bénédiction et la collaboration de certains "grands"
militants amazighs. Un re-décollage du combat amazigh exige donc, comme
condition sine qua non, la rupture totale et définitive avec la nouvelle
"politique berbère" qui a neutralisé le combat amazigh en le dépolitisant. Il
faut revenir à l’essence politique du problème amazigh en posant la question de
l’identité, non pas des individus ou des groupes ethniques, mais de l’identité
de l’Etat. C’est ce qu’a fait l’association "Identité Amazighe" en publiant le
document "Pour un État qui tire son identité de la terre amazighe au
Maroc".
Comment expliquez-vous cette
facilité de la monarchie à corrompre ceux qui sont censés être l’élite
amazighe ?
Avec la même facilité par laquelle la Monarchie
avait réussi à "corrompre" ses irréductibles adversaires des années 70 – 80,
appartenant aux partis d’opposition de cette époque, dont certains ont été même
condamnés à mort, comme l’ex-premier ministre Abderrahman Youssoufi devenu,
depuis sa nomination premier ministre par Hassan II, plus défenseur du Makhzen
que le Makhzen lui-même. En effet, ce dernier a pu domestiquer et "makhzéniser"
ses anciens ennemis qui remplissaient jadis les prisons, comme Benzekri, Herzni,
Salah Elouadi, Serfati… etc. Les moyens de cette domestication facile, c’est,
bien sûr, l’argent que ces nouveaux serviteurs de la monarchie, qu’ils
combattaient hier, reçoivent à flots en les nommant dans des postes à des
millions par mois. C’est là la capacité extraordinaire du makhzen à s’adapter
aux situations hostiles et en tirer profit. En ce qui concerne l’"élite
amazighe", en plus de l’argent qui coule avec abondance à l’IRCAM, et qui est
employé pour corrompre cette élite, il faut reconnaître que la nature
"culturaliste" des revendications amazighes depuis "la charte d’Agadir",
explique, en partie, cet apprivoisement facile de cette "élite" amazighe.
Celle-ci revendiquait l’enseignement de tamazight, son introduction dans les
média… C’est ce qu’a fait la monarchie. Donc, pour cette "élite" amazighe, le
pouvoir ne les a pas domestiqués, il a, au contraire, répondu à leurs
revendications. Voilà le contenu pratique de la politique berbère. Cette
politique est un autre moyen qui a fait preuve de son efficacité pour
apprivoiser les "militants" amazighs.
Le document intitulé "Pour un Etat qui tire son identité de la terre
amazighe au Maroc" semble très critique et propose une nouvelle stratégie de
"survie". Est ce que vous pouvez nous éclairer sur ce point ?
Avant de vous répondre, j’aimerais faire une petite
rectification concernant le mot "survie". Le but du document n’est pas la
"survie" de tamazight. Pourquoi ? Parce que la "survie", selon le dictionnaire,
c’est le "fait de se maintenir en vie dans un environnement naturel mortifère".
Dans ce cas le "survivant" ne cherche qu’à rester en vie, même marginalisé,
humilié, privé de ses droits et sans aucune dignité… La "survie" est donc une
"vie moindre", une "vie" qui manque de vie. C’est cette situation de "survie",
ou de "vie moindre", que vit l’amazighité actuellement. Elle "survit" mais ne
vit pas. Pour continuer à rester en vie, elle est humiliée, marginalisée, privée
de ses droits et sa dignité. C’est une survie donc et non pas une vie. Cette
situation de "survie" est créée et maintenue par la nouvelle politique berbère
que mène l’IRCAM dont le but est justement de faire en sorte que tamazight
"survive" tout en l’empêchant de "vivre" pleinement. Le nouveau projet que
propose notre document, c’est donc redonner la vraie vie à tamazight en la
sortant le l’état de "survie" dans laquelle la maintient la nouvelle "politique
berbère" du pouvoir arabiste au Maroc. Comment faire passer tamazight de la
"survie" à une vie vraie et pleine ? Tout simplement, en la faisant passer de la
"politique berbère" à une vraie "politique amazighe". Comment réussir ce passage
de la "politique berbère" à la "politique amazighe" ? En revenant au contenu
politique, et non culturel, de la question amazighe. En quoi consiste ce contenu
politique de la question amazighe ? Il consiste en des revendications, non pas
culturelles, mais politiques aspirant à l’exercice du pouvoir par tamazight en
tant qu’identité de l’Etat au Maroc. La nouveauté du document est qu’il
déplace, pour la première fois dans l’histoire du Mouvement amazigh, la question
de l’identité du niveau des individus et des groupes ethniques, au niveau de
l’Etat et du pouvoir politique. Ce qui fait de cette revendication de
"réamazigher" l’Etat une revendication de référence, première et originelle
qu’il suffit de satisfaire pour que toutes les autres revendications (comme
l’enseignement et la constitutionnalisation de tamazight par exemple) soient
toutes réalisées automatiquement parce qu’elles sont incluses dans la grande
revendication de référence, la première et l’originelle qui concerne l’identité
de l’Etat. Nous sommes partis du constat selon lequel l’identité, partout dans
le monde, se définit essentiellement par le territoire et non pas par la race et
l’appartenance ethnique. Ainsi, lorsque je dis que je suis d’identité amazighe,
cela ne veut nullement dire que je porte des "gènes" amazighs, que personne
d’ailleurs ne peut prouver. Cela veut dire simplement que j’appartiens à la
terre amazighe du Maroc. Mon identité est donc amazighe, suivant l’identité de
la terre, où je vis comme y ont vécu mes aïeuls, même si mes origines raciales
ne sont pas vraiment amazighes. Cette identité territoriale est représentée dans
chaque pays par l’identité de l’Etat de ce pays de qui tire cet Etat son
identité. Ceci est valable pour tous les pays et les Etats du monde, sauf en cas
de colonisation d’un pays par une puissance étrangère, où ce pays est gouverné
par un Etat dont l’identité est différente de l’identité du pays qu’il
colonise. Ici au Maroc, le pays est amazigh. Il n’a jamais été un territoire
arabe. Mais le problème c’est qu’il est gouverné par un Etat qui se réclame de
l’identité arabe. Ce qui est une anomalie qu’il faut corriger en réinstaurant
l’identité amazighe de l’Etat conformément à l’identité du pays qui est
amazighe. Cette identité amazighe de l’Etat n’a jamais fait partie des
revendications amazighes. On revendique toujours l’enseignement de tamazight, sa
constitutionnalisation, une télévision amazighe, son emploi dans
l’administration et les tribunaux, etc.… A supposer que toutes ces
revendications sont exaucées, pourtant cela ne change rien à l’identité arabe de
l’Etat au Maroc, ce qui signifie que l’exclusion politique – et non culturelle
et linguistique – de tamazight se poursuit. En plus, ces revendications,
parce qu’elles sont culturelles, linguistique et ethniques, font paraître
Imazighen comme une minorité ethnique qui revendique la reconnaissance des ses
droits culturels et linguistiques en tant que groupe ethnique ayant des droits
spécifiques. Voilà ce qui met à l’aise le pouvoir arabiste au Maroc : si
Imazighen sont une minorité, c’est par rapport à une majorité "arabe" que cette
minorité amazighe sollicite de reconnaître ses droits en tant que minorité
ethnique. Donc, ce sont ces revendications culturelles, linguistiques et
ethniques du Mouvement amazigh qui consolident l’identité arabe au Maroc en tant
qu’identité de la "majorité" et affaiblit du même coup, Imazighen en en faisant
une petite minorité. Voilà pourquoi le pouvoir arabiste ne trouve pas
d’inconvénient à répondre à ces revendications culturelles amazighes
puisqu’elles ne constituent aucun danger sur le pouvoir politique qui reste
exercée au nom de l’identité arabe. Ainsi est le contenu même de la nouvelle
"politiques berbère" : Le pouvoir politique continue d’être accaparé par les
arabistes et exercé au nom de l’appartenance arabe que représente l’Etat arabe
du Maroc tout en feignant de reconnaître à la "minorité" amazighe ses droits
ethniques et culturels. Voilà où mène ce type de revendications que le Mouvement
amazigh arbore depuis les années soixante-dix du siècle dernier. Il faut donc
revenir à la question de l’identité de l’Etat qui doit être une identité
amazighe. Voilà, en gros, le contenu du document. Le pouvoir politique doit
redevenir amazigh, c’est-à-dire être exercé au nom de l’identité amazighe qui
est l’identité de la terre amazighe où s’exerce ce pouvoir. Cela ne veut pas
dire que les responsables politiques qui exercent le pouvoir doivent être
racialement amazighs, non, cela veut dire simplement qu’ils doivent exercer leur
pouvoir au nom de l’indenté amazighe représentée par l’Etat amazigh. Lorsque
l’Etat redevient amazigh, suivant la terre amazighe, l’amazighité recouvre sa
"vie" et abandonne la "survie" dans laquelle l’ont mises les revendications qui
font d’elle l’identité d’une "minorité" alors que la terre amazighe est toujours
amazighe dans sa totalité.
Qu’est-ce qui distingue votre initiative de toutes les autres qu’a
connu le mouvement amazigh (partis, CNC, Tada …)
La
différence est de taille. Tous les autres projets et initiatives (Charte
d’Agadir, Le manifeste amazigh, Partis, CNC, Tada, Autonomies régionales…) n’ont
jamais revendiqué la "réamazighation" de l’Etat, de sorte qu’il redevienne un
Etat amazigh, où le pouvoir est amazigh, c’est-à-dire exercé au nom de
l’identité amazighe en conformité avec l’identité de la terre amazighe du Maroc.
Cette revendication identitaire portant sur l’identité de l’Etat et du pouvoir
politique, et non sur l’identité des individus et des groupes ethniques, est
quelque chose de totalement nouveau dans l’histoire du MA qui n’a jamais
demandé, dans ses communications et ses documents, à ce que l’Etat marocain soit
un Etat amazigh. Voilà ce qui distingue notre initiative de toutes les
autres.
Que pensez-vous de
l’initiative du groupe de militants qui avaient rendu publique une déclaration
dans laquelle ils font savoir qu’ils vont donner naissance à une structure
politique ?
Je ne pense que du bien. Ce n’est pour le
moment qu’un projet de rencontre pour débattre de la nature de cette structure.
Nous, nous sommes déjà invités à participer à cette rencontre. Nous comptons
défendre notre point de vue lié à la problématique de l’identité de l’Etat qui
doit être un Etat amazigh parce qu’il gouverne un pays amazigh. Nous espérons
que cette structure politique, quelque en soit la forme, aura des objectifs
orientés vers le combat pour la reconstruction d’un Etat amazigh comme nous
l’affirmons dans notre document.
Revenons au Mouvement amazigh, nous constatons qu’aucune de ses
revendications n’avait été satisfaite après plusieurs décennies de combat.
Devrons-nous, désormais, faire du combat pour la souveraineté l’un de nos buts
stratégiques ?
Je ne partage pas l’idée selon laquelle
"aucune des revendications du MCA n’avait été satisfaite après plusieurs
décennies du combat". Le pouvoir arabiste a su, comme je l’ai expliqué
auparavant, répondre à certaines revendications culturelles et linguistiques
amazighes. Par exemple on ne peut pas nier la décision de l’Etat d’introduire
tamazight à la télévision, d’enseigner tamazight avec son alphabet tifinagh,
même si cet enseignement connaît beaucoup de problèmes. Ces accomplissements au
profit de tamazight les revendiquaient le MA depuis la charte d’Agadir (1992) et
ne se sont réalisées qu’à partir de la création de l’IRCAM.
Donc la
question est de savoir si des revendications amazighes ont été satisfaites ou
non. La question c’est dans quel sens le pouvoir a répondu à ces revendications.
Dans le sens de la nouvelle "politique berbère" qui traite Imazighen comme une
"minorité" revendiquant la reconnaissance de leurs doits spécifiques. Le
paradoxe, c’est que cette situation de minorité est entérinée par les
revendications amazighes qui corroborent cette situation qui ne menace en aucun
cas le pouvoir arabiste puisque ces revendications ne contestent pas ce pouvoir
et n’aspirent pas à le remplacer par un pouvoir amazigh, c’est-à-dire exercé au
non de l’identité amazighe de la terre amazighe du Maroc. Quand le pouvoir sera
exercé au nom de l’amazighité, cela signifie effectivement que celle-ci a
recouvré sa pleine souveraineté, ce qui veut dire la fin de la "politique
berbère" d’origine étrangère comme le mot "berbère", et le début de la
"politique amazighe" qui est une politique nationale exercée par imazighen
eux-mêmes, comme le mot "amazigh" qui est d’origine proprement amazighe et
interne, contrairement au vocable "berbère" venu de l’extérieur. Le
recouvrement de la souveraineté amazighe est inséparable du recouvrement de
l’identité amazighe de l’Etat. Voilà sur quoi doivent porter les revendications
amazighes pour sortir de la "politique berbère" d’origine
étrangère.
Quel accueil le Mouvement
amazigh a réservé à votre document ?
Un accueil mitigé sans
grand enthousiasme chez les associations amazighes. Cette attitude s’explique
par plusieurs raisons : - Premièrement, le document est encore nouveau. Or
les idées nouvelles requièrent plus de temps pour qu’elles se répandent et
soient comprises et assimilées. - Certains militants et associations amazighs
se cramponnent de façon tellement forte à leurs positions vis-à-vis de
l’amazighité qu’ils ne peuvent y renoncer, les dépasser, les faire évoluer ou
les remplacer par d’autres positions plus novatrices et plus utiles à
l’amazighité. Parce qu’ils considèrent ces positions comme leur "capital"
personnel qu’ils doivent protéger, préserver et "fructifier" en organisant des
colloques et des activités autour de ce "capital", dont certains exemples sont :
"la charte d’Agadir", "le manifeste amazigh", "les peuples autochtones",
"l’autonomie des régions amazighes", "la laïcité", "le parti amazigh"… Ces
questions qui portent sur des sujets partiels, sectoriels et secondaires
constituent une vraie entrave à la position de la question générale, globale et
fondamentale de l’exclusion politique de l’amazighité, qui est la question de
l’identité de l’Etat au Maroc. En effet, le recouvrement de l’identité amazighe
de l’Etat au Maroc entraîne et implique une solution immédiate à toutes ces
petites questions "sectorielles" et partielles. - Beaucoup de militants et
associations amazighs surtout, ne veulent pas "salir leur dossier" vis-à-vis du
temple IRCAM en adoptant une nouvelle conception de l’identité qui est l’opposé
direct de la nouvelle "politique berbère" que dirige l’IRCAM. Ce qui
explique que les militants indépendants ont accueilli favorablement le document
duquel ils s’inspirent et auquel ils se réfèrent dans leurs écrits publiés dans
des journaux ou sur Internet. Dans ces écrits, un nouveau débat sur l’identité
commence à s’installer où l’élément "terre" est central dans ce débat et où le
politique, lié à l’Etat et l’exercice du pouvoir ; prend la place du culturel et
du linguistique. Nous sommes optimistes et confiants dans l’avenir. Parce que
nous croyons que le mensonge ne peut pas continuer à tromper toujours les gens,
sinon il n’y aurait jamais de science et de vérités. À un moment ou un autre, la
vérité finit toujours par éclater au grand jour. Il viendra donc un jour où le
Mouvement amazigh fera de la "réamazighation" de l’Etat sa principale
revendication parce qu’il aura pris conscience que c’est par la satisfaction de
celle-ci que toutes les autres revendications seront automatiquement
satisfaites.